Sylvie Tarantino : elle créé le beuzzzz avec les abeilles !

Qu’est-ce qui t’a amené à créer ton entreprise ?

Je m’appelle Sylvie Tarantino. J’ai créé en avril 2010 l’entreprise TOXIBIONTE sous le régime micro-entreprise. Je propose des études et des expertises en Ecotoxicologie. L’originalité de ma démarche est que j’utilise les abeilles comme support. En effet l’abeille récolte le pollen qu’il suffit d’analyser pour évaluer le niveau de toxicité d’une zone déterminée.

Avec les apiculteurs, j’ai mis au point un dispositif rigoureux appelé Apisveille©. Ma formation scientifique universitaire m’a permis de résoudre les problèmes techniques en laboratoire mais aussi sur le terrain avec des ruches en activité.

Je me suis mis à mon compte car si j’étais restée salariée dans un Organisme de Recherche, j’aurais eu sans cesse à demander des autorisations de toutes sortes. Aujourd’hui je suis libre de mener mes recherches et je gagne beaucoup de temps. Les problématiques environnementales et de santé pour l’homme vont devenir de plus en plus aigües dans un avenir proche : la solution que je propose est facile à mettre en place et peu couteuse.

Quel était ton point fort ? Et ton point faible ?

Mon point fort est indéniablement ma culture de recherche scientifique. C’est un domaine trop sensible pour arriver en amateur ! Pour répondre à des appels à projets, il faut apporter des garanties sérieuses.

Mon point faible était bien sûr mon inexpérience dans la gestion d’une entreprise et dans la communication. Heureusement que j’ai été conseillée  après la création par le dispositif NACRE. Car il faut se sentir soutenu quand on entreprend dans l’innovation ! L’inertie de notre société devant ce problème majeur qu’est la maîtrise de la pollution m’étonne encore. Heureusement les Elus locaux commencent à percevoir les dangers pour leurs populations !

Le plus gros obstacle que tu as rencontré ?

Je savais dès le départ que ce serait long et difficile. Donc je n’ai pas été déçue ! Je me suis organisée pour limiter mes besoins personnels et avoir ainsi l’esprit  libre pour travailler sans craindre de ne pouvoir rembourser un prêt bancaire.

Mais le plus gros obstacle était mon parcours scientifique. Je ne me rendais pas compte du fossé énorme entre la recherche et le terrain. La recherche en laboratoire ne connaît pas le facteur humain ! Moi, il me faut convaincre mes interlocuteurs pour qu’ils prennent des décisions !

Entre ton projet, tel que tu l’imaginais, et la réalité aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ?

Le projet et l’éthique du projet sont intacts. Mais je me rends compte que les certitudes du chercheur de laboratoire ne sont pas entendues en dehors du labo. Au fond je croyais que la vérité était suffisante pour convaincre. Je m’aperçois que c’est plus compliqué !  Je suis en train de devenir pédagogue, ce que je n’avais prévu.

 

Qu’est-ce que notre formation t’a apporté ?

Beaucoup de connaissances dans des domaines qui m’étaient étrangers comme le Marketing, la gestion, la fiscalité, etc. Mais aussi une méthode  pour construire un projet économiquement sain, question qui ne préoccupe pas habituellement les chercheurs !

Mais aussi j’ai apprécié le coaching qui permet de prendre du recul avec les difficultés ordinaires d’un entrepreneur. La discussion permet de faire émerger des idées auxquelles on ne pensait pas…

Comment t’es-tu fait connaître ?

La  publicité habituelle n’aurait pas été satisfaisante car je propose un service que mes prospects, les industriels et les Elus locaux, ne connaissent pas. J’ai donc décidé de faire connaître ma prestation par des Institutions qui pourront donner confiance à mes futurs clients. C’est la première étape à laquelle j’ai consacré toute mon énergie. Les résultats sont là :

  • J’ai remporté le Trophée Rhône-Alpes des Eco-Innovations 2010 organisé par la Région Rhône-Alpes et l’ADEME,
  • En 2011 la Région Rhône-Alpes m’a commandé une étude sur « La mesure et l’évaluation environnementale »  dans le cadre du dispositif INNOV’R,
  • J’ai été retenue par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie et par l’ADEME pour le prix « Entreprise et Environnement » dans deux catégories : « Biodiversité et entreprises » et « Idées pour la biodiversité ».

Sur le terrain, ce travail de communication institutionnelle relayé par un site internet que j’ai créé moi-même commence à porter ses fruits.

Comment envisages-tu l’avenir de ton entreprise ?

Ma prospection est désormais centrée sur les acteurs de terrain. Je viens d’organiser un petit déjeuner qui a remporté un franc succès.

Et si c’était à refaire ?

Je recommencerais mais en faisant attention à ne pas avoir trop d’interlocuteurs en phase de démarrage. L’originalité de mon projet a fait que j’ai été beaucoup sollicité avec des avis qui n’étaient pas cohérents entre eux. J’ai perdu du temps…

Parmi les « 10 conseils pour créer », quel est ton choix ?

J’en suis une parfaite illustration : « la création, ça dure 3 ans »

Patron de soi-même, ce n’est pas épuisant ?

Oui, c’est souvent épuisant de tout faire, de penser à tout ! Mais c’est aussi tellement gratifiant !

La question que tu ne m’as pas posée

Le retour au laboratoire ? J’y pense quand je suis fatiguée… mais ça ne dure pas longtemps !

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